Il était une fois en Tunisie (chapitre 6 : du départ de Dar Naouar aux souvenirs )

Publié le par mathieu M

Chapitre 6 [ ٦ sittae ]: du départ de Dar Naouar  aux souvenirs :

 

Il était 5 heures. Tunis s’éveillait tandis qu’à Carthago aéroport, un car de touristes arrivait.

Deux bonnes heures plus tôt, nous nous étions levés péniblement et avions plié bagages non sans un pincement au cœur.

Outre les affaires que nous trimbalions avec nous depuis notre départ de Paris, nous ramenions des « petits bouts de Tunisies ».

En particulier, nous avions soigneusement enveloppé dans du papier journal notre service de six verres à thé,  aux tons mauves et roses, décorés comme les portes d’une mosquée de Kairouan. C’était un petit bout du souk de Tunis que nous emportions avec nous.

J’avais précautioneusement rangé ma narguilé et ses charbons et la cachai dans mon bagage à main comme un trésor déniché au fond des collines de l’Atlas.


Bien sûr, nous avions aussi quelques innombrables babioles destinées aux amis et à la famille.

Isa n’était pas peu fière de son « chameau magique » : c’est un chameau dans lequel on peut verser du liquide par les orifices supérieurs ( les bosses) ou inférieurs, et que l’on peut donc retourner sans que l’eau ne retombe. Le tout s'échappe ensuite par le bec. 

Nous avions bien sûr des babouches, des djellabas, un cendrier « made in Tunisia » et un plat en terre cuite fait de mille pièces, ou presque. La plupart de ces objets avaient été achetés dans la boutique cadeau de Dar nouar, aux marchands ambulants sur la plage ou encore sur le marché prenant place une fois par semaine près de la piscine.

Même, nous avions méticuleusement plié, l’addition salée payée au Café des délices.

Enfin arrivant aux abords de l’aéroport, nous sentions bien que la Tunisie ne serait bientôt plus que le souvenir d’une destination aux multiples horizons.


Arrivé dans la partie « duty free » de l’aéroport, j’en profitai pour acheter une boukha, alcool de figue et hésitai à prendre un peu de Sédrathine, dattes distillées.


Je fis un petit stock de 20 mars, cigarettes locales dont on peut dire, outre le fait qu’elles soient à 10 euros la cartouche, que leur nom rappelle l’indépendance du pays remontant au 20 mars 1956. 

Et puis, quelques minutes plus tard, les bagages enregistrés, nous étions assis dans un A340 de la Compagnie Tunisair.


Dernière consigne de sécurité, décollage, déjeuner servi sur le pouce, sieste et nous redescendions déjà sur Orly !

Adieu Hannibal, Adieu Numidie, adieu chaleur, bonjour tristesse.



Nous décollions vers 7 h pour un petit 25°, nous atterrissions deux heures plus tard sous un radieux 12° à Paris.Vive Orly, vive la France !

Les bagages ne se firent guère attendre et nous suivions bientôt, Marc et Chantal, qui nous avaient gentiment proposé de nous reconduire à la maison.

Il était donc 11H sous le soleil de Gagny, quand  de deux numides en Dar naouar nous reprenions forme francilienne, excepté le léger bronzage que nous conservions.

Mais nous n’allions pas troquer immédiatement l’habit de touriste pour celui du labeur.

En effet, en pleine forme, n’ayant pas contracté la tourista, nous repartions déjà pour Luçon.

Eh oui, Luçon, l’évêché le plus crotté de France ! N’en déplaise à Richelieu, d’autres tribulations nous attendaient là bas, et un café bien meilleur que celui du Café des délices, n’en déplaise à Tunis.                             

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